Kristof Meesters : « Je soutiendrai toujours mes collaborateurs, vraiment toujours »
Le fait que Van Havermaet soit une valeur établie dans le paysage entrepreneurial du Limbourg n’est pas un hasard. Le cabinet de conseil multidisciplinaire emploie environ 230 personnes, réparties sur six sites. Une grande maison, mais à l’esprit familial, sur laquelle Kristof Meesters veille en bon père de famille depuis 2013. Une chronique d’ambition, mais surtout d’humain.
Lorsque Kristof Meesters a été sollicité pour devenir directeur général de Van Havermaet, il avait 36 ans. C’est assez jeune pour une telle fonction, mais Van Havermaet a fait ce qu’elle fait de mieux : oser le saut et donner des opportunités aux gens : ils ont choisi de faire confiance à Kristof. « Le leadership et l’ambition ont toujours été en moi, cela ressortait d’ailleurs de l’évaluation lors de la procédure de recrutement. On m’a même demandé à l’époque si je me voyais occuper ce poste pendant longtemps. Mais au cours des années où j’ai travaillé ici, pas un seul jour, une seule semaine ou un seul mois n’a été identique. Les défis que cela implique font que je pourrais exercer ce métier indéfiniment. »
« Je dois cependant toujours avoir un objectif : j’aime planter un drapeau dans le futur et travailler pour l’atteindre. C’est aussi ce que nous faisons avec Van Havermaet. Ainsi, l’un de nos objectifs est de devenir un véritable accélérateur de croissance pour nos clients d’ici 2025. Une organisation qui ne possède pas forcément toute l’expertise en interne, mais qui peut créer le lien avec les acteurs pertinents du secteur. En tant que bras droit de l’entrepreneur, nous voulons que les entrepreneurs nous appellent pour toute question relative à leur activité. Si nous pouvons le résoudre nous-mêmes, nous le faisons. Sinon, nous puisons dans notre réseau. »
Comment Kristof Meesters gère-t-il la pression inhérente à son poste ? « Je suis souvent au sommet de ma forme en période de crise. J’ai une grande résilience et, face à des défis majeurs ou des revers, j’ai le réflexe de me relever plus fort et de continuer encore plus intensément. Cela ne veut pas dire que je ne ressens jamais de stress, mais j’essaie toujours de dégager de la sérénité. Si je circulais ici comme un capitaine paniqué, on ne pourrait pas attendre du reste de l’équipe qu’il reste calme. Il nous appartient alors, à mon équipe et à moi, de nous guider rapidement et vigoureusement à travers la tempête pour retrouver des eaux calmes. »
« L’adéquation entre Van Havermaet et moi-même réside dans la culture chaleureuse »
« Mes premiers emplois étaient très analytiques, ce qui m’a apporté une réflexion importante : si je passe toute ma vie à ne m’occuper que de chiffres, je serai malheureux. Je suis un animal social. Les personnes qui m’entourent sont l’un de mes plus grands moteurs. Les embarquer dans notre histoire. Veiller à ce que la locomotive Van Havermaet ne parte pas sans une partie des wagons. Que les gens aiment travailler ici, qu’ils s’y sentent chez eux. C’est mon objectif. »
« J’appelle Van Havermaet une maison plutôt qu’un bureau. Un choix de mots inconscient qu’une autre personne m’a fait remarquer. Mais cela montre clairement la vision que j’ai de notre organisation. Une maison chaleureuse avec de l’ambition et une culture largement partagée. C’est ce qui nous fait avancer. Avec toute la crise du coronavirus, c’est l’une des choses qui a pu m’empêcher de dormir : la peur de perdre notre culture. Je crois en un bon équilibre avec le télétravail, mais travailler sans véritable contact social ? Je ne peux et ne veux pas l’imaginer. »
En tant qu’animal social, se sent-on parfois seul au sommet ? « Oui et non. J’ai un comité de direction fantastique avec un directeur RH, IT et Finance. Ensemble, avec eux et le conseil d’administration, nous dirigeons la boîte. Mais ils ont bien sûr tous leur propre équipe. Sur ce plan, on se retrouve parfois seul au sommet. Je suis alors parfois invité aux teambuildings d’autres équipes, ce qui est très charmant bien sûr. Mais je ne veux pas non plus être la cinquième roue du carrosse. Je me console en me disant qu’ils m’invitent pour la personne qu’est Kristof, et non pour ma fonction (rit de bon cœur). »
« Le client est important, mais les collaborateurs le sont tout autant »
« Je trouve important d’être très accessible pour nos collaborateurs, nos “maeten” comme nous nous appelons en interne, et de les encourager à oser. On a le droit de faire des erreurs ici. On est surtout apprécié pour la manière dont on gère son erreur. C’est aussi important vis-à-vis du monde extérieur. Si l’un de nos collaborateurs commet une erreur, nous la reconnaîtrons et ferons tout pour la résoudre. Mais nous soutiendrons toujours nos collaborateurs. Ils le savent ici. J’aurais aimé qu’on me dise cela lors de mes premiers emplois. Quand on sait qu’on a un port d’attache sûr, on ose davantage. Je pense que c’est très important. Nous devons oser faire preuve d’audace, et créer l’espace nécessaire pour cela. »
Ce qui procure du plaisir à Kristof ? « Voir quelqu’un grandir. Et y avoir contribué. Tant dans la vie professionnelle que privée. Si quelqu’un, peu importe qui, disait un jour dans une interview : “Kristof m’a aussi aidé à en arriver là”, ce serait pour moi le plus beau des compliments. »
« J’apprécie aussi vraiment de voir les autres s’épanouir. J’aime la bonne vie. Bien manger et bien boire, la musique, une soirée en famille ou entre amis. Voir que les autres l’apprécient tout autant rend la chose deux fois plus agréable pour moi. Je suis aussi le genre de personne qui préfère offrir des cadeaux plutôt que d’en recevoir. C’est dans ma nature, dirons-nous. »
Les ambitions explicites de Van Havermaet
Kristof Meesters : « Il y a un peu plus de cinq ans, nous avions besoin d’un rebranding, pour lequel nous avons sollicité trois entreprises. L’une d’entre elles était Expliciet, qui n’était alors qu’une bande de jeunes loups. Nous avons été invités au bureau, où l’un des collègues avait préparé un gâteau pour nous. Sauf qu’il n’était pas tout à fait réussi, et nous avons fini par manger la pâte à la cuillère directement dans le moule (rit). Le fait que nous ayons choisi le logo le plus audacieux, notre visage d’homme caractéristique, a même surpris les gars d’Expliciet pendant un instant. Mais nous aimons l’originalité, être un peu différents des autres. Le design, le concept : tout collait parfaitement. Une action de guérilla nocturne dans le centre de Hasselt, où nous avons dessiné notre logo en grand sur la place Kolonel Dusart, a marqué le début d’une longue et chaleureuse connexion entre Expliciet et Van Havermaet. »