Tom van Schaijk : « Monaco me faisait de l’œil, mais j’ai choisi le Limbourg. »

Que faites-vous quand, après seulement trois ans de service, on vous demande de reprendre l’entreprise de votre patron ? Pour Tom van Schaijk, alors menuisier de 23 ans, ce fut une offre qui allait changer sa vie. Près de 12 ans plus tard, l’heure est au bilan. Un entretien sur les choix, la détermination et le sens des réalités.

Le 1er avril 2009, jour où Tom van Schaijk est devenu à la fois entrepreneur et gérant. Un saut dans l’inconnu, mais un saut calculé. « J’ai réfléchi, hésité pendant sept mois. Pas par peur, mais parce que cela implique énormément de choses. Des aspects dont je ne connaissais rien à l’époque : démarcher les banques pour des financements, diriger des personnes, la gestion d’entreprise… De plus, nous sortions tout juste d’une crise économique mondiale. »

« À peu près au même moment, j’ai reçu une offre de Monaco. Pour y poser du parquet sur des bateaux et des yachts. Le soleil et la mer toujours à proximité. Mais j’ai choisi le Limbourg, pour ce qui s’appelait encore Claeys Palenbedrijf. Parce que j’avais des idées et que j’étais convaincu qu’il était possible de faire autrement et mieux. Les temps et le marché avaient fortement évolué, mais pas l’entreprise. »

« Enfant, il fallait déjà que ça avance. »

Le fait que Tom ait le gène de l’entrepreneur en lui était déjà évident dès son plus jeune âge. « J’ai toujours été quelqu’un qui n’attendait pas et qui prenait les choses en main. Quand nous faisions des cascades avec nos petits vélos BMX avec des amis, j’étais toujours le premier à assembler un tremplin en bois. À l’adolescence, deux camarades et moi trouvions inadmissible de ne pas avoir de maison de jeunes dans le quartier. Nous en avons donc créé une nous-mêmes. L’envie d’avoir un jour ma propre affaire a, je pense, toujours été présente inconsciemment. »

« Parfois, il faut se heurter au mur. »

« Durant les deux premières années en tant que gérant chez Claeys, l’ancien propriétaire travaillait encore sous mes ordres. Pour moi, c’était surtout une phase de transition. Pourtant, j’ai immédiatement essayé d’apporter ma propre touche. Pendant cette période, j’ai bénéficié d’un grand soutien de la part de mon comptable. Il est resté très pragmatique et m’a aidé à garder les pieds sur terre. »

« Une fois que je me suis retrouvé seul aux commandes, ce qu’il fallait faire est devenu tout à fait clair pour moi. Claeys Palenbedrijf est devenu Claeys Houtconstructies. Des simples carports et abris de jardin, nous sommes passés à des constructions plus complexes comme des poolhouses et des bureaux de jardin. Nous avons remplacé les essences de bois démodées par du bois dur de qualité et durable. Le parc de machines a été entièrement renouvelé et chacun a reçu son propre matériel. Par ailleurs, nous avons décidé de lancer un négoce de bois. Constituer du stock pour établir de meilleures relations avec nos clients professionnels. »

« C’est à ce moment-là que j’ai aussi rencontré ma femme. Tout ce qui s’est passé en si peu de temps était assez radical. À 23 ans, on a normalement envie de partir au ski deux fois par an, de rouler vers le soleil et de boire des bières avec ses amis le week-end. Mais je me suis laissé guider par mes passions. »

« Au début, à cause de ma naïveté de jeunesse, je me suis heurté au mur à quelques reprises. En allant sur le chantier, par exemple. Mais de cette manière, je freinais justement mes employés dans leur développement, car le patron était censé toujours mieux savoir. Dans ces moments-là, j’ai dû apprendre à lâcher prise et à accorder une pleine confiance à mon personnel. Et poser dès lors les bases d’une meilleure structure et d’un service plus fluide pour nos clients. »

« Les visages souriants sont la confirmation. »

« Même si j’ose suivre ma propre voie, cela ne signifie pas que je ne me fais pas accompagner dans mes choix. J’ai plusieurs interlocuteurs privilégiés. Mon conseiller financier, mon comptable, des collègues entrepreneurs, des fournisseurs… Il faut continuer à s’ouvrir aux nouvelles idées et même aux visions divergentes. Nos menuisiers et poseurs sont également des conseillers très importants. Ils entendent chaque jour directement chez le client ce qui va bien et ce qui peut être amélioré. »

« Cela me fait donc plaisir de voir qu’ils continuent à trouver du plaisir dans leur travail. Qu’ils arrivent chaque jour de bonne humeur et repartent de même. Pour moi, après toutes ces années en tant que gérant, c’est la meilleure preuve que j’ai fait les bons choix. En laissant chacun faire ce qu’il préfère et en restant bien à l’écoute du marché, nous continuons à réaliser nos ambitions : faire chaque année un peu mieux que l’année précédente. Pas trop vite, sans forcer, simplement de manière organique. »

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